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Les évolutions récentes du cadre juridique interrogent de nombreux épargnants : que change réellement la nouvelle loi assurance-vie et succession pour votre patrimoine en 2026 ? Entre fiscalité, règles de transmission et rôle accru des acteurs comme le notaire, les repères traditionnels évoluent. Tout en conservant ses principes essentiels, ces ajustements invitent à relire son assurance-vie à la lumière de sa situation actuelle.
Face à l’importance croissante de l’assurance-vie dans le patrimoine des Français (près de 1 900 milliards d’euros d’encours en 2024, d’après France Assureurs), le législateur a progressivement renforcé le cadre juridique qui l’entoure. L’objectif est double : garantir une plus grande équité entre les héritiers et améliorer la transparence des transmissions.
Les évolutions récentes ne remettent pas en cause les fondements du contrat d’assurance-vie, mais viennent en préciser les limites et les conditions d’utilisation, principalement lorsque celui-ci est mobilisé dans une logique successorale.
Contrairement à certaines idées reçues, l’assurance-vie conserve en 2026 son principe fondamental : les capitaux transmis au bénéficiaire ne font pas partie de la succession, conformément au Code des assurances, sauf cas particuliers liés notamment aux primes manifestement exagérées.
Ce cadre reste donc distinct du droit successoral classique. Le souscripteur conserve la possibilité de désigner librement un bénéficiaire et d’organiser la transmission de son patrimoine en dehors des règles habituelles de partage entre héritiers.
Toutefois, dans le contexte de la nouvelle loi sur l’assurance-vie et la succession, le contrôle des primes manifestement exagérées est renforcé. Les compagnies d’assurance, les notaires et l’administration fiscale sont aujourd’hui plus attentifs à la cohérence entre les versements effectués sur ce type de contrat.
Cette appréciation repose sur plusieurs critères :
l’âge du souscripteur au moment des versements ;
ses revenus ;
son patrimoine ;
l’utilité du contrat.
En cas de déséquilibre manifeste, une partie des capitaux peut être réintégrée dans l’actif successoral, afin de garantir le respect des droits des héritiers réservataires.
Cette évolution vise à renforcer l’équité entre les héritiers, dans un contexte de transparence accrue des transmissions.
En 2026, les débats autour de l’assurance-vie et de la succession à l’Assemblée nationale rappellent surtout l’importance d’une déclaration claire des capitaux transmis. À ce stade, les textes de référence restent notamment les articles 990 I et 757 B du Code général des impôts, qui encadrent la fiscalité applicable selon l’âge du souscripteur au moment des versements.
L’article 990 I prévoit que le bénéficiaire doit produire une attestation sur l’honneur indiquant les abattements déjà utilisés au titre des capitaux reçus à raison du décès du même assuré. Cette formalité vise à permettre une application correcte de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Le notaire conserve donc un rôle d’éclairage et de coordination dans l’analyse globale du patrimoine transmis, en particulier lorsque plusieurs héritiers, bénéficiaires ou contrats sont concernés.
Si les principes du barème applicable aux rachats ne sont pas fondamentalement modifiés en 2026, leur lecture s’inscrit désormais dans un environnement fiscal en évolution. Les gains réalisés sur une assurance-vie peuvent être soumis soit au prélèvement forfaitaire, soit à l’impôt sur le revenu, selon l’option choisie par le souscripteur.
Après huit ans, un abattement annuel s’applique sur les gains retirés : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple relevant de l’imposition commune. Au-delà de cet abattement, les gains sont soumis à un taux d’imposition réduit, dans le cadre du prélèvement forfaitaire. Les prélèvements sociaux restent, quant à eux, applicables sur les gains, quel que soit le mode d’imposition retenu.
Avec les évolutions récentes de la loi sur l’assurance-vie et la succession, ces règles ne sont pas modifiées. Toutefois, elles s’inscrivent dans une évolution plus large de la fiscalité des placements, marquée par une convergence progressive des régimes fiscaux et une vigilance accrue de l’administration fiscale.
Cette fiscalité doit être prise en compte dans une approche globale de la transmission, en particulier au regard de l’impôt sur la fortune et des placements improductifs.
Bien que les versements effectués après 70 ans bénéficient d’un cadre de transmission très attractifs, le régime fiscal ne désavantage pas complètement les primes versées après les 70 ans du souscripteur. Ainsi, seules les primes versées au-delà de 30 500 € sont soumises aux droits de succession, selon le lien de parenté entre le bénéficiaire et le défunt, conformément à l’article 757 B du Code général des impôts. Les produits générés par ces versements restent totalement exonérés de droits de succession.
Dans le cadre de la nouvelle loi sur l’assurance-vie et la succession, cet avantage est maintenu. Bien que le rôle du notaire soit renforcé pour contrôler les versements tardifs importants et remédier à une éventuelle intention de contourner la réserve, l’assurance-vie conserve une fiscalité avantageuse, surtout sur le long terme.
L’un des principaux leviers de l’assurance-vie repose sur l’abattement de 152 500 € applicable à chaque bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, conformément à l’article 990 I du Code général des impôts.
En 2026, cette déduction de l’assiette fiscale continue d’offrir une capacité de transmission significative, à condition d’anticiper la répartition des capitaux entre plusieurs bénéficiaires. Cette désignation multiple permet en effet d’appliquer individuellement l’abattement, en répartissant les capitaux transmis. La clause bénéficiaire doit être rédigée avec précision, afin d’éviter toute ambiguïté au moment du dénouement du contrat.
Une attention particulière doit également être portée au calendrier des versements, demeurant plus favorable fiscalement sur les primes versées avant 70 ans.
Dans ce schéma, le conjoint est désigné usufruitier des capitaux, tandis que les enfants deviennent nus-propriétaires. Le conjoint peut ainsi disposer des sommes transmises, tout en préservant les droits des héritiers sur le capital à terme.
Ce dispositif repose sur une logique d’équilibre entre les différentes parties prenantes de la transmission. Il apporte une sécurité financière immédiate au conjoint, sans remettre en cause la part revenant aux descendants.
La mise en place d’une clause démembrée suppose toutefois une rédaction rigoureuse et une bonne compréhension de ses effets juridiques et fiscaux, notamment en matière de quasi-usufruit. Concrètement, le conjoint usufruitier peut utiliser les capitaux librement, mais les enfants conservent une créance correspondant aux sommes transmises, exigible au décès de l’usufruitier. L’accompagnement d’un notaire peut alors sécuriser ce type de montage.
Contrairement à l’assurance-vie, le contrat de capitalisation entre dans l’actif successoral et est soumis aux règles classiques de l’héritage. Dans le contexte de la nouvelle loi sur l’assurance-vie et la succession, il peut constituer une solution complémentaire, notamment pour organiser une transmission progressive ou anticipée.
Ce type de contrat peut être transmis par donation ou intégré dans une stratégie patrimoniale plus large, incluant des biens immobiliers ou d’autres placements. Il offre ainsi une souplesse intéressante pour diversifier les modes de transmission.
L’assurance-vie peut dépasser le cadre d’un simple outil de transmission patrimoniale en devenant un moyen d’exprimer ses valeurs et de prolonger un engagement personnel.
La clause bénéficiaire offre, à ce titre, une grande liberté. Elle permet de désigner des proches ainsi qu’un organisme reconnu d’utilité publique. Ce choix peut répondre à une volonté de soutenir une cause qui a compté dans un parcours de vie, tout en conservant un cadre juridique sécurisé.
Dans cette perspective, il est utile de connaître les avantages fiscaux d’une transmission via l’assurance-vie pour le souscripteur, à ne pas confondre avec un legs d’assurance vie. L’intégralité des sommes versées peut ainsi être affectée à la cause soutenue, sans imposition, conformément aux dispositions du Code général des impôts.
Ce mécanisme ouvre la possibilité d’articuler protection des proches et engagement solidaire, dans le respect du cadre légal et des volontés du souscripteur.
Votre contrat d’assurance-vie reflète-t-il encore vos choix et votre situation actuelle ?
Les Universités catholiques* vous proposent des repères pour mieux comprendre les évolutions récentes et ajuster votre réflexion patrimoniale. Découvrez les éléments clés pour adapter votre assurance-vie à vos projets, à votre situation et à vos engagements.
*Loi de 1875 sur la liberté de l’enseignement supérieur.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/1906A/AN/3626
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038836524/2019-10-01
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006793004
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288569
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288653
https://www.clubpatrimoine.com/contenus/assurance-vie-post-lois-finances
https://www.aresconseil.fr/assurance-vie-et-succession-nouvelle-loi/
https://www.notaires.fr/fr/donation-succession/succession/lassurance-vie
https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3340-PGP.html/identifiant%3DBOI-ENR-DMTG-10-40-20-20-20240926